| Apéritif
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Pain
grillé au lard
blond
et raisins mi-séchés
Nous avons le pain parce que nous avons le blé : depuis
le travail du chimiste italien Jacoppo Beccaria, en 1754, nous
savons que le pain
est composé de gluten et d’amidon.
L’expérience
est facile à reproduire : il suffit
de pétrir de la farine avec de l’eau, puis de malaxer
le pâton formé
dans une grande bassine d’eau
; s’échappe
une poudre blanche, faite de grains d’amidon,
tandis qu’il reste entre les mains une masse élastique,
le gluten. L’amidon est fait de sucres complexes,
le gluten
de protéines.
C’est la présence du gluten qui permet la confection
du pain, puisque ce réseau élastique est détendu
quand les levures introduites dans la pâte produisent des
bulles d’air en fermentant l’amidon : le gluten,
telle
la peau d’un ballon que l’on gonfle,
s’étend
et conserve au pâton une forme de boule ; sans lui,
la pâte
s’étalerait à la façon d’une crêpe.
Peu de farines contiennent du gluten, de sorte que peu de farines
peuvent donner lieu à la confection de boules de pain. Il
est impossible, par exemple, d’obtenir une boule
de pain
de maïs, d’avoine, de châtaigne… Comment
obtenir un peu de variété gastronomique ? Comment
faire ces pains variés que l’esprit du gourmand réclame
?
Les boulangers ont trouvé une solution, en mêlant
les farines non panifiables
à de la farine de blé,
mais ce procédé nuit au goût original des farines
introduites.
Pour obtenir un pain pur châtaigne, nous avons repris l’expérience
du chimiste italien,
et avons extrait le gluten de la farine de
blé, puis nous avons ajouté la farine
dont
nous voulions
faire du pain. C’est ainsi qu’a été confectionné le
pain à la châtaigne servi ici.
Autre point : le pain se fait couramment avec de l’eau, mais
pourquoi cette eau
n’aurait-elle pas de goût ? Ici,
du lard blondi et des raisins mi séchés ont été introduits
dans le pain, mais on a renforcé le goût du pain à l’aide
du jus de déglaçage du lard.
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