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Mon cher Pierre,
Je te prie d’accepter mes excuses : j’ai oublié de
te décrire un résultat important,
parce que j’en
avais fait une expérience pour des enfants. Or je m’aperçois
que
ce résultat peut être utile à ta cuisine
!
L’idée de base était de chercher pourquoi les
blancs en neige blanchissent,
pourquoi ils deviennent fermes et,
surtout, combien de blanc en neige on peut faire avec un seul blanc
d’œuf. Questions simples, dont j’ai fait le protocole
d’un « Atelier expérimental du goût », à la
demande de Jack Lang, quand il était ministre.
Tout est
sur le site du Centre de recherche et de documentation pédagogique
(http://crdp.ac-paris.fr/ cliquez
sur le chapitre "Art et culture" dans la partie gauche de l'écran,
puis sur le lien "dossiers" et enfin sur le lien "fiches" du
paragraphe "Atelier du goût") : protocoles, documents pédagogiques
pour ceux qui voudront mettre les protocoles en œuvre avec
des enfants des écoles,
films montrant les expériences.
Le premier de protocole, donc, est un concours de blanc en neige
: tous les enfants d’une classe, par binômes, doivent
battre un blanc d’œuf, afin d’obtenir
le plus
possible de blanc en neige. Et je sais bien que les résultats
de tous les groupes seront du même ordre : un petit quart
de litre, guère plus.
En conclusion de ce protocole, j’invite à réfléchir à l’idée
suivante :
pourquoi n’obtient-on pas plus de mousse ? Si ça
ne mousse pas plus,
c’est qu’il manque quelque chose,
mais quoi ? Pour répondre, il suffit de savoir
que le blanc
d’œuf est fait surtout de protéines et d’eau.
Donc le blanc battu en neige est fait d’air, de protéines
et d’eau. Il manque quelque chose pour obtenir plus
de mousse
: c’est donc soit d’air, soit de protéines,
soit d’eau. L’air ne manque pas :
la preuve en est
que, quand on double le volume initial de blanc d’œuf
(donc de protéines et d’eau), on obtient deux fois
plus de blanc en neige.
Donc on manque soit de protéines,
soit d’eau, soit des deux à la fois.
De quoi manque-t-on ? Quand on ne sait pas, rien ne vaut une expérience
bien pensée. Comme il est plus facile d’ajouter de
l’eau que des protéines, je te propose d’ajouter
de l’eau à un blanc battu en neige, et de continuer
de battre. Le volume de mousse augmente ! Et un calcul simple montre
que l’on peut ainsi obtenir plus d’un mètre
cube de blanc en neige avec un seul blanc d’œuf !
Sans aller à cet excès, tu vois que l’ajout
d’eau à un blanc battu permet de faire
un volume de
blanc en neige… qui tient un peu moins bien que du blanc
classique, sauf si l’on ajoute du sucre, auquel cas on obtient
un « appareil » à meringue française.
Bref, j’arrive à l’idée de ces meringues
parfumées et allégées : tu bats
un blanc
en
neige ; puis, quand il est monté, tu lui ajoutes un liquide
parfumé et tu continues
de battre. Quand tu juges le volume
suffisant, ou la texture suffisamment légère,
tu
ajoutes du sucre (force la dose, pour que tout tienne bien) en
continuant
de battre. Enfin, en formant délicatement des
tas de cet appareil sur un papier sulfurisé,
tu cuis pendant
40 minutes à 120 degrés, puis tu sèches en
réduisant la température à 100°C, houras
ouverts.
Tu verras : quelle légèreté, ces « cristaux
de vent » !
Les recettes
:
« VENT
DE SABLES AUX OLIVES DE LUCQUES »
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