rue Balzac
Navet blanc Buren ; eau de tomate au wasabi, huile d’olive ardente givrée.
Le thon : coeur de thon rouge entrelardé, bonite au poivre de Sarawak, Chiboust au sel de Maldon.
Grosse gambas de Palamos juste macérée à l’amontillado,
farcie d’une pâte de piment niora aux cacahuètes, chapelure rouge.
Kokotxas de merluchon, andouille de Vire, ratte confite.
Le Buren :
Plat clin d’œil à un artiste étonnant, rigoureux,
doux et tenace dans sons discours ; mais le résultat est là,
au rendez-vous. C’est beau !…
La préparation est à base de navet, le goût volontairement
neutre est habillé par cette eau de tomate au wasabi. Une
pulpe de navet dont la moitié est agrémentée
d’encre de seiche. Cette pulpe est assaisonnée à crue,
agrémentée
d’une infusion de céleris, de lait, de pectine et de gélatine.
On coule les deux masses équitablement ; quand elles sont froides,
on taille des bandes. Avec ces bandes, on joue à faire
du Buren.
Eau de tomate :
Des tomates vertes concassées, laisser doucement s’écouler
le jus que l’on gélifie légèrement. On l’agrémente
de wasabi frais au moment de l’envoi. La verser en assiette creuse. L’huile
d’olive ardente (c’est à dire plutôt
verte, au goût prononcé d’artichaut) est mise dans
un récipient au congélateur. On dépose au moment cette huile d’olive givrée en
copeaux sur le Buren, lui même posé dans l’assiette
de l’eau de tomate.
Le thon :
Un médaillon de thon taillé dans le cœur que l’on
agrémente de lard de colonnata. La bonite est confite dans une huile d’olive assaisonnée
de poivre de sarawak et d’aromatiques.
La Chiboust :
D’origine Basque, c’est une crème pâtissière
salée agrémentée d’œuf en neige au sel
de Maldon.
La Gambas :
Produit magnifique de cette belle côte méditerranéenne
aux eaux profondes, fraîches et mouvementées.
Elle est servie crue, simplement arrosée d’un amontillado
plutôt ambré et farcie de piment Niora ; disposé sur
un lit de chapelure rouge (faite à base de pain de mie coloré à la
tomate).
Les niora :
Piment qui ressemble un peu à une prune sèche. On le trempe puis on récupère la chair en grattant la peau
; cette pulpe est cuisinée avec du jus d’orange, du sucre
roux et une pointe de vinaigre de Xeres.
On ajoute à froid des cacahuètes torréfiées
et concassées.
Kokotchas :
Petit morceau de chair situé sous les ouies du merluchon. On
fait revenir rapidement le kokotchas dans une huile d’olive
agrémentée d’ail et de piment d’Espelette ;
on ajoute des petites girolles épingles. On égoutte. On
taille de fines tranches d’andouille et l’on fait confire
des pommes de terres rattes dans un jus de poule au laurier et au citron.On réunit ces différents éléments que l’on
relie par des côtes de romaine taillées finement.
L’insolite de ce plat tient bien sûr
aux produits et à la
façon dont ils sont mis en scène. Pas de préparations
très compliquées mais une mise
en œuvre faite au moment. Donc tout se joue dans le geste du cuisinier.
Les goûts doivent être nets, les quantités très
contrôlées. L’ordonnancement est également très important.
Le goût est là mais au delà d’un plat bien
reproduit et posé, j’essaie de développer une ambiance,
une tonalité. Les contenants jouent également un rôle important.
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